Le film
Court métrage réalisé dans le cadre du 48h Environnement 2026.
En 2073, Pav organise un « dîner de vieux cons » (sur le modèle d’un film célèbre au siècle dernier), où chaque invité amène un « con », dont le reste des invités pourra apprécier la bêtise. Marie a une idée : elle ressort du placard de sa grand-mère un robot programmé en 2026, dont les idées sont assez archaïques.
Note d’intention
Dans ce film, nous avons voulu montrer un futur relativement proche, auquel on peut s’identifier mais dans lequel des changements sur nos comportements vis-à-vis de la transition écologique et sociale se sont produits.
Les personnages, nés autour de 2050, ont l’air d’être heureuses et sans que cela soit l’objet central du film, on observe des comportements désirables comme le zéro déchet, des produits locaux, l’utilisation de l’énergie solaire dans un four communautaire etc
Évidemment, tout n’est pas parfait dans ce monde : pour rester réaliste vis-à-vis de notre monde, il continue de faire trop chaud l’été et on vit dans le noir une partie de la journée pour essayer de rester au frais, certains s’opposent à des projets de quartiers comme un four solaire et on garde un certain nombre de déchets d’avant, dont des robots, qui apparemment n’ont pas bien vieilli dans leur programmation sur les idées de « progrès ». Cet ancrage dans la réalité permet de s’identifier et d’espérer ces changements possibles.
Le fait de traiter ce sujet sur le ton de l’humour permet également de sensibiliser sans être fataliste.
L’histoire derrière le tournage

Le film a été réalisé dans le cadre du 48h Environnement. Le principe : le vendredi à 19h, l’orga nous envoie des contraintes et le dimanche à 19h nous devons avoir envoyé notre film.
Avant toute chose, l’important était de constituer une équipe disponible et prête à peu dormir ce week-end là. Un appel à amie de longue date, une proposition sur le groupe des scénaristes de CUT!, une story insta et une annonce sur cineaste plus tard, voilà une petite équipe constituée de Léna, Elodie, Alexia, Raphaël, Nicolas qui nous retrouvons au bar à 18h, déjà pour que tout le monde se rencontre et puis pour démarrer sur les chapeaux de roue lorsque les contraintes tombent. J’ai aussi Florian par Whatsapp, le compositeur, qui se tient prêt à dégainer une composition originale.
C’est donc par un soir de canicule en mai, sous les brasseurs d’airs d’un bar qui sert plus de carafes d’eau que de bières que nous recevons les contraintes :
- Le thème : Un monde nouveau
- L’objet : Une graine
- Le personnage : Un.e robot
- La phrase à placer : « Ca manque de piquant »
Autre contrainte, et non des moindres : demain, la météo annonce 33°C à l’ombre… Et pas d’ombre.

Après quelques heures de débat, on a notre sujet et la structure du film. La difficulté : comment on raconte un monde nouveau, en s’inscrivant dans les nouveaux récits donc où on a réussi à sortir de la crise environnementale, avec un robot ? Le robot incarne la technologie et la course aux ressources alors que c’est ce qu’on essaye d’éviter de représenter. Il sera donc un vestige du monde ancien, moqué, en opposition à notre « monde nouveau ».
Tout le monde rentre chez soi pour quelques heures de sommeil. Léna, rouennaise, dort à la maison. Enfin « dort »… Elle m’aide à écrire le scénario en dur pour que les idées et la trame sur lesquelles nous nous étions mis d’accord aient une réalité cinématographique. Vers 1h du matin, j’envoie une première version du scénario à Florian, accompagné de quelques inspirations pour la composition. Il va me répondre quelques heures plus tard, en pleine nuit, avec quelques notes et thèmes. Super, cela me permet de me projeter dans le film encore plus.
Samedi, 9h du matin : tout le monde débarque à la maison, car entre temps, on a décidé de tourner en intérieur pour éviter d’être en plein cagnard toute la journée. Encore un autre problème : mon appartement donne plein est donc est en plein soleil de 6h à 14h, impossible que ce soit pour la lumière ou pour la chaleur. On ferme donc les volets, cela fera partie de l’histoire.
Léna, Elodie et Raphaël jouant, on se retrouve seuls avec Nicolas à gérer la technique : lumière, caméra, son. Cela fait beaucoup et on décide de faire les choses simplement, loin d’être parfaites. Tant pis, on est là pour s’amuser et sortir un petit film. Je décide d’un découpage technique très rapidement, là encore très simple : champ, contre-champ, plan moyen, plan serré.
Là où la magie opère, c’est que comme on avait écrit tous ensemble, les comédiens se sont éclaté à rendre les situations imaginées réelles à l’écran, avec la base de dialogues que j’avais écrites mais aussi un peu d’impro. Malheureusement, certaines blagues ou situations ont du être retirées au montage à cause de la défaillance du son ou pour raccourcir le film (qui devait faire 4 min maximum).
La température monte : il fait 35°C à l’intérieur, on rallume le ventilateur entre chaque « coupez » et « action » mais on finit par tout avoir dans la boîte assez rapidement ! On a même hésité à faire un 2e film (un concept plus court avec un robot aspirateur qui parle à une graine) mais on s’est abstenu, il me restait encore beaucoup de choses à faire.
Une première version de montage était prête dans la matinée du dimanche, que j’ai envoyée à l’équipe pour des retours et à Florian pour qu’il puisse aller plus loin dans sa composition. Finalement il m’a fallu beaucoup plus de temps à faire l’étalonnage et essayer de cacher ces p**** de reflets de lumières dans la fenêtre (c’est flagrant quand on le sait) que le montage en lui même. La chaleur a encore été un problème : mon ordinateur ne suivait pas et il fallait envoyer le film d’ici 30 min !!! Et je n’avais pas encore la musique !!!
Panique à bord, mais l’orga a été super sympa et nous a laissé quelques minutes de rab. La musique a pu être rajoutée et avec un pain de glace sous l’ordi, il est reparti et j’ai pu tout exporter et envoyer en temps et en heure.

Quelques jours plus tard, nous recevons la nouvelle : le film a été sélectionné pour la projection et est en lice pour les différents prix. Ceux qui peuvent se retrouvent à l’Espace Saint-Michel à Paris pour la projection. Le niveau est élevé et nous ne recevons aucun prix mais en off le jury nous dit que nous étions les seuls à avoir essayé d’imaginer un futur positif et que cela avait été apprécié.
Une membre du jury nous incite à soumettre nos films à des festivals car ils y ont leur place. Je trouve un mixeur (Julien) et je retouche un peu la colorimétrie, et j’inscris le film à plusieurs festivals. Finalement, le film a également été sélectionné au Festival Atmosphères 🥳
Encore un grand merci à toute l’équipe : Léna Trutt, Elodie Monchamp, Raphaël Noble, Nicolas Cruz-Ramirez, Alexia Luquet, Florian Colombet et Julien Mongazon ! Et merci au 48h environnement pour l’organisation de cette édition, qui nous a permis de sortir ce petit projet rapidement 🙂



