Les Chants de la Forêt

Le film Court métrage réalisé en 2025 – 15 min Thomas, jeune cadre dynamique stressé, va se perdre en forêt le temps d’un après-midi. Ce temps de perdition va défiler comme un rêve ; il va alors trouver une forme d’apaisement au contact avec la nature et changer sa vision sur son mode de vie.…


Le film

Court métrage réalisé en 2025 – 15 min

Thomas, jeune cadre dynamique stressé, va se perdre en forêt le temps d’un après-midi. Ce temps de perdition va défiler comme un rêve ; il va alors trouver une forme d’apaisement au contact avec la nature et changer sa vision sur son mode de vie.

Note d’intention

« On protège ce qu’on aime, et on aime ce qu’on connaît. » Jacques-Yves Cousteau

La scène centrale du film est une scène onirique où mon personnage principal, Thomas, trouve la paix au contact de la nature. Cette scène est née de mon désir de souligner l’importance de nommer les espèces qui nous entourent. J’ai assisté à de nombreuses conférences où l’on disait que nommer les choses, c’est le premier pas vers leur protection. Pourtant, je dois avouer une frustration personnelle : je ne connais presque aucun nom d’arbre, de fleur, et je peine à reconnaître les oiseaux.
Je veux aussi établir un parallèle avec la scène d’ouverture du film. Thomas y reconnaît sans hésiter toutes les marques associées à des logos, mais il est incapable d’associer une feuille à une plante. Ce contraste montre à quel point notre monde moderne est déconnecté de la nature. C’est un phénomène courant, et je trouve cela révélateur de notre relation avec le vivant.
Pour ajouter un enjeu, j’ai donné à Thomas une mission : passer du temps avec Emma. Mais attention, c’est une fausse piste ! Le film ne se concentre pas sur leur relation. Thomas se rend compte finalement qu’il veut effectivement la voir, mais ce dont il a vraiment besoin, c’est d’un moment hors du temps, en contact avec la nature et ses amis. Cette expérience le pousse à remettre en question son travail et son rapport à la biodiversité.
J’ai volontairement utilisé un archétype pour Thomas : jeune cadre dynamique travaillant dans une grande entreprise mais stressé sans s’en rendre compte car il a « tout ce qu’il lui faut » : un grand appartement, une grosse voiture, la climatisation, des voyages au bout du monde avec des mannequins etc. C’est en effet un personnage que j’ai beaucoup rencontré dans ma vie, ayant fait des études d’ingénieur : une partie de mes anciens camarades de classe voient ce genre de carrière comme un statut à obtenir dans la vie, accompagné par le confort « moderne » mais qui, en réalité n’apporte pas le bonheur et contribue à aggraver les problèmes écologiques. J’ai envie de montrer, à travers cette histoire, comment petit à petit on peut évoluer. Thomas ne décide pas de changer de carrière mais plutôt de se questionner ; il ne décide pas d’abandonner sa voiture, mais plutôt de se concentrer sur la balade.

L’histoire derrière le tournage

Photos Plateau – 1e jour de tournage en forêt – Cassandra Combey

Mai 2025 : je vois le sujet du concours de courts-métrages du festival Atmosphères : « la vie rêvée ». Cela fait longtemps que j’ai envie de me remettre à l’écriture et à la réalisation d’un court-métrage, voilà l’occasion. Le défi : il faut avoir livré le film le 31 août max pour pouvoir participer. J’hésite : est-ce que ça vaut le coup ?

Début juin, un évènement personnel me fait prendre conscience qu’il faut tout faire pour vivre sa vie pleinement, alors je me lance dans l’écriture d’un scénario. Je lance en même temps la prod car j’ai fait un rétro-planning : ça va être juste ! Je commence alors à m’entourer, d’abord de Cassandra, qui m’aidera sur les aspects de production.

La première version du scénario vient assez vite, ce qui me permet de le faire relire à mon entourage et d’envisager de lancer un casting et de monter l’équipe technique. Il faut aussi trouver les décors. Le mois de juillet arrive vite, ainsi que la date de tournage prévue, qu’on va finalement un peu repousser au vu des disponibilités de chacun.

Tant bien que mal, j’arrive à trouver un endroit magnifique en forêt en région parisienne. Malheureusement, l’ONF ne nous donne pas l’autorisation car nous nous y prenons trop tard, nous devons nous rabattre sur un autre endroit. Finalement cet endroit est très beau aussi mais plus passant.

Tout va très vite, mais nous arrivons à monter une belle équipe : à l’image Rebecca, Chloé et Clément, à la lumière Mahi, au son Elsa, à la mise en scène Rémi et Nicolas, à la régie Mathis et Nabil et au maquillage Sarah. Je n’avais pas envisagé une équipe aussi grande au départ, moi qui voulais faire un petit court-métrage rapide, mais allons-y : plus on est de fous, plus on rit. De présent sur le tournage, on doit encore ajouter Cassandra à la prod (et aussi à la photo de plateau), Cédric au making of et nos acteurs : Victor, Benoit, Melissa et Saadi.

Le découpage est difficile à faire et nous devons supprimer des scène car nous n’avons que 2 jours de tournage : un en forêt et l’autre en intérieur. Pendant la préparation, j’anticipe aussi la post-production, qui s’étalera sur un mois avec le recrutement d’une compositrice, d’un étalonneur et d’un mixeur. Je ferai le montage moi-même, j’ai peur de perdre du temps autrement. Aujourd’hui, je regrette un peu cette décision car je pense que cela aurait pu être très bénéfique à ce moment là du projet d’avoir quelqu’un qui avait la tête hors du guidon.

La journée dans la forêt commence très tôt et a fini assez tard, je ne remercierai encore jamais assez toute l’équipe d’être restée soudée et enthousiaste jusqu’au bout malgré la fatigue et surtout la pluie. Heureusement le dernier plan de la journée, à la golden hour, est magnifique et a permis de se dire que cela valait le coup. Elle aurait pu durer moins longtemps mais j’ai insisté pour que nous allions au restaurant le midi pour manger chaud, pouvoir s’assoir et recharger les batteries (au sens propre comme au sens figuré).

La deuxième journée de tournage a été difficile car très courte : Mélissa avait un impératif en fin d’après-midi et nous n’avions le bar que l’après-midi pour tourner. Victor a fait preuve de beaucoup de professionnalisme car il a fini sa journée en donnant la réplique à une doublure ! En plus, Cassandra avait réussi à avoir un partenariat avec une coopérative (POP) qui nous a fourni en ingrédients bios et locaux pour ce 2e jour.

Photos Plateau – 2e jour de tournage au bar – Cassandra Combey

Le lendemain du tournage, je me suis donnée un jour de répit avant de démarrer le montage. Nous sommes le 1e août, j’ai exactement 30 jours pour finir ce film, découpé en 10 jours pour monter, 1 semaine pour étalonner, 1 semaine pour mixer et un peu de rab pour le retard.

Bulle, la compositrice, m’avait envoyé avant le tournage quelques inspirations qui lui étaient venues à la lecture du scénario, ce qui m’a aidé à me projeter dans le film. J’ai adoré travailler avec elle, Guillaume et Kevin à la post-production. Avec Kevin, on a travaillé la colorimétrie et l’ambiance de chaque scène. Je voulais un contraste fort entre les deux parties du film, qui raconte l’état d’esprit du personnage principal : le début, au boulot, dé-saturé, froid et la partie en forêt, lumineuse et un peu magique. On a aussi retravaillé la musique avec Bulle pour qu’elle fasse partie du récit et qu’elle appuie les éléments de scénario. Enfin, le mixage, très important car un audio de mauvaise qualité peut vraiment être néfaste pour un film.

Et nous voilà le 30 août au soir (merci le rab) avec un film fini et prêt à être envoyé. Nous serons shortlistés dans les 20 premiers mais finalement pas sélectionnés au festival.

Pour en savoir plus sur le film n’hésitez pas à aller voir son instagram : https://www.instagram.com/leschantsdelaforet_film/


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